LE PETIT QUINQUIN

(LE CANCHON DORMOIRE)

 Vers Petit Quinquin

 

en ch'ti

 

Et voici la chanson du P'tit Quinquin en français, traduite par Raymond Lancial.


 

 Les chansonniers patoisants, depuis les temps les plus reculés, font partie intégrante du nord de la France. Le célèbre Brûle-Maison nous est aujourd'hui connu par une excellente thèse de M. Carton, les chansonniers lillois du second Empire par celle de M. Pierrard . Le plus populaire de ces chansonniers reste Alexandre Desrousseaux, l'auteur du P'tit Quinquin, devenu l'hymne national de tout le septentrion. Rappelons ici les savoureux couplets de la Canchon Dormoire :

 Paroles et musique: Alexandre Desrousseaux, 1855

Paroles et musique: Alexandre Desrousseaux, 1855

 

Refrain

Dors, mon petit quinquin, mon petit poussin, mon gros raisin,
Tu me feras du chagrin si tu ne dors point jusqu'à demain


Ainsi l'autre jour une pauvre dentellière,
En langeant son petit garçon,
Qui depuis trois quarts d'heure ne faisait que pleurer,
Essayait de l’endormir par une chanson.
Elle lui disait: mon Narcisse,
Demain tu auras du pain d'épices
Du sucre à gogo si tu es sage et que tu fais dodo!


Et si tu me laisses faire une bonne semaine
J’irai dégager ton beau sarrau (veste courte)
Ton pantalon de drap, ton gilet de laine ...
Comme un petit milord tu seras fier !
Je t’achèterai le jour de la ducasse
Un polichinelle cocasse
Un turlututu
Pour jouer l’air du chapeau pointu


Nous irons dans la cour Jeannette-à-Vaques, (Jeannette à Vaches)
Voir les marionnettes. Comme tu riras,
Quand tu entendras dire : " un doup " (piécette) pour Jacques !
Par le polichinelle qui parle patois
Tu lui mettras dans sa menotte,
Au lieu de doup, un rond de carotte !
Il te dira merci !..
Pense comme nous aurons du plaisir !..


Et si par hasard son maître se fâche,
C'est alors Narcisse, que nous rirons !
Sans en avoir envie, je prendrai mon air méchant
Je lui dirai son nom et ses surnoms,
Je lui dirai des fariboles
Il m'en répondra des drôles ;
Enfin tout un chacun
Verra deux spectacles au lieu d'un.


Allons serre tes yeux, dors mon bonhomme,
Je vais dire une prière à Petit-Jésus
Pour qu’il vienne ici, pendant ton somme,
Te faire rêver qu' j'ai les mains pleines d'écus,
Pour qu'il t'apporte une coquille,(pâtisserie)
Avec du sirop qui coule
Tout le long de ton menton,
Tu te pourlècheras trois heures de long !...


Le mois qui vient, de Saint Nicolas c'est la fête
Pour sûr, au soir, i viendra te trouver
Il te fera un sermon, et te laissera mettre
Sous le ballot (cheminée), un grand panier

Il le remplira si tu es sage,
De choses qui te rendront heureux,
Sans ça, son baudet (son âne)
T'enverra un grand martinet


Ni les marionnettes, ni le pain d'épices
N'ont produit d'effet, mais le martinet
A vite calmé le petit Narcisse,
Qui craignait de voir arriver le baudet.
Il a dit sa berceuse...
Sa mère l'a mis dans son berceau :
A pris son coussin,
A répété vingt fois ce refrain

Dors, mon petit quinquin, mon petit poussin, mon gros raisin,
Tu me feras du chagrin si tu ne dors point jusqu'à demain


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