|
Paroles et musique: Alexandre Desrousseaux,
1855
Refrain
Dors, mon petit quinquin,
mon petit poussin,
mon gros raisin, Tu me feras du chagrin
si tu ne dors point jusqu'à demain
Ainsi l'autre jour une pauvre dentellière, En langeant son petit
garçon, Qui depuis trois quarts d'heure ne faisait que pleurer, Essayait
de l’endormir par une chanson. Elle lui disait: mon Narcisse, Demain tu
auras du pain d'épices Du sucre à gogo si tu es sage et que tu fais dodo!
Et si tu me laisses faire une bonne semaine J’irai dégager ton beau
sarrau (veste courte) Ton pantalon de drap, ton gilet de laine ... Comme
un petit milord tu seras fier ! Je t’achèterai le jour de la ducasse Un
polichinelle cocasse Un turlututu Pour jouer l’air du chapeau pointu
Nous irons dans la cour Jeannette-à-Vaques, (Jeannette à
Vaches) Voir les marionnettes. Comme tu riras, Quand tu entendras dire : "
un doup " (piécette) pour Jacques ! Par le polichinelle qui parle
patois Tu lui mettras dans sa menotte, Au lieu de doup, un rond de carotte
! Il te dira merci !.. Pense comme nous aurons du plaisir !..
Et si par hasard son maître se fâche, C'est alors Narcisse, que nous
rirons ! Sans en avoir envie, je prendrai mon air méchant Je lui dirai son
nom et ses surnoms, Je lui dirai des fariboles Il m'en répondra des drôles
; Enfin tout un chacun Verra deux spectacles au lieu d'un.
Allons serre tes yeux, dors mon bonhomme, Je vais dire une prière à
Petit-Jésus Pour qu’il vienne ici, pendant ton somme, Te faire rêver qu'
j'ai les mains pleines d'écus, Pour qu'il t'apporte une
coquille,(pâtisserie) Avec du sirop qui coule Tout le long de ton
menton, Tu te pourlècheras trois heures de long !...
Le mois qui vient, de Saint Nicolas c'est la fête Pour sûr, au soir,
i viendra te trouver Il te fera un sermon, et te laissera mettre Sous le
ballot (cheminée), un grand panier
Il le remplira si tu es sage, De choses
qui te rendront heureux, Sans ça, son baudet (son âne) T'enverra un grand
martinet
Ni les marionnettes, ni le pain d'épices N'ont produit d'effet, mais
le martinet A vite calmé le petit Narcisse, Qui craignait de voir arriver
le baudet. Il a dit sa berceuse... Sa mère l'a mis dans son berceau : A
pris son coussin, A répété vingt fois ce refrain
Dors, mon petit quinquin,
mon petit poussin,
mon gros raisin, Tu me feras du chagrin
si tu ne dors point jusqu'à demain |